La chanteuse malienne Rokia Traoré, en détention en Europe depuis six mois, a comparu ce lundi devant le Tribunal correctionnel de Bruxelles dans le cadre d’un conflit de garde opposant l’artiste au dramaturge belge Jan Goossens. Cette affaire qui remonte à 2019 concerne la garde de leur fille, née en 2015, et a pris une tournure judiciaire complexe.
Rokia Traoré avait été condamnée par contumace en 2023 pour « non-représentation d’enfant » à l’égard du père, une décision qui a conduit à son arrestation en Italie en juin dernier, suivie de son extradition vers la Belgique il y a deux semaines.
Vêtue d’une doudoune noire sans manches, avec un bandeau sombre pour encadrer ses cheveux courts, l’artiste a fait face au tribunal d’une voix timide, ce qui a amené le président de la cour à lui demander de s’exprimer plus clairement. « Je n’ai aucun problème à ce qu’il y ait un procès, que l’on règle cela une bonne fois pour toutes », a-t-elle déclaré, bien que menottée.
Son avocat a sollicité un nouveau procès pour que Rokia puisse présenter sa défense, en raison de la complexité du dossier et de son récent changement d’avocat. « Je ne suis pas en mesure aujourd’hui de défendre sur le fond du dossier », a plaidé Dimitri de Béco, qui a demandé une remise de l’examen à une prochaine audience.
Le Tribunal a accepté de reporter la séance au 8 janvier 2025, mais a refusé la demande de libération provisoire de Rokia Traoré. Le procureur a justifié cette décision par des craintes de fuite. « C’est la cage qui s’ouvre et l’oiseau qui s’envole », a affirmé l’avocat de Jan Goossens, soulignant que son client n’a pas pu voir sa fille depuis plus de cinq ans et que Rokia a eu tendance à fuir, notamment après une arrestation en France en 2020.
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